Fiscalité des entreprises 2026 : ce qui change pour les entrepreneurs cette année

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La fiscalitĂ© bouge vite, et 2026 ne fera pas exception. Entre la poursuite de la suppression de la CVAE, les dĂ©bats sur les seuils de TVA, la montĂ©e des cotisations sociales pour les indĂ©pendants et le basculement massif vers la facturation Ă©lectronique, un dirigeant qui ne suit pas le rythme se retrouve vite en retard. Or, un changement de taux ou de seuil mal anticipĂ© peut suffire Ă  plomber une marge dĂ©jĂ  fragile, surtout quand la trĂ©sorerie est tendue et que les clients paient tard. Comprendre les nouvelles rĂšgles n’est plus un luxe : c’est un rĂ©flexe de gestion pour protĂ©ger le cash, sĂ©curiser le modĂšle Ă©conomique et garder la main sur les dĂ©cisions.

En 2026, plusieurs lignes bougent en mĂȘme temps : impĂŽts locaux, TVA, cotisations, obligations numĂ©riques. Les rĂ©formes annoncĂ©es dans le projet de loi de finances viennent s’ajouter aux ajustements dĂ©jĂ  votĂ©s sur 2024 et 2025. Cela crĂ©e un paysage complexe, oĂč les micro-entrepreneurs, les PME et les grands groupes ne sont pas impactĂ©s de la mĂȘme façon. Un auto-entrepreneur dont les cotisations passent Ă  26,1 %, une PME qui doit basculer en facturation Ă©lectronique, un groupe international soumis Ă  une contribution exceptionnelle allĂ©gĂ©e : chacun doit lire la rĂ©forme Ă  son niveau, et non Ă  travers les gros titres. L’enjeu est simple : transformer ces Ă©volutions en dĂ©cisions claires — adapter ses prix, revoir son organisation, ou parfois changer de statut juridique.

En bref

  • CVAE vers une suppression accĂ©lĂ©rĂ©e : baisse progressive du taux jusqu’à disparition totale en 2028, ce qui allĂšge la pression fiscale sur la valeur ajoutĂ©e, surtout pour l’industrie.
  • Seuils de TVA stabilisĂ©s : abandon des projets de seuil unique Ă  25 000 € ou 37 500 € ; maintien des seuils diffĂ©renciĂ©s dĂ©jĂ  abaissĂ©s, avec un impact direct sur les micro-entrepreneurs.
  • Facturation Ă©lectronique : obligation Ă  partir du 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et ETI, puis 2027 pour les PME et micro-entreprises, avec sanctions financiĂšres renforcĂ©es.
  • Cotisations sociales des auto-entrepreneurs : hausse progressive jusqu’à 26,1 % au 1er juillet 2026, pour augmenter les droits Ă  la retraite, mais avec un effet immĂ©diat sur le revenu net.
  • Contribution exceptionnelle des grands groupes : dispositif prolongĂ© mais Ă  taux rĂ©duits en 2026, pour maintenir une contribution sans Ă©craser l’investissement.

Fiscalité des entreprises 2026 : suppression accélérée de la CVAE et effets sur la trésorerie

La premiĂšre Ă©volution structurante pour 2026 touche la cotisation sur la valeur ajoutĂ©e des entreprises (CVAE). Longtemps considĂ©rĂ©e comme un impĂŽt pĂ©nalisant l’investissement productif, elle suit dĂ©sormais une trajectoire de disparition plus rapide que prĂ©vu. Initialement planifiĂ©e pour 2030, la suppression totale interviendrait dĂšs 2028, avec une baisse Ă©chelonnĂ©e du taux maximal : 0,28 % en 2024-2025, 0,19 % en 2026, 0,09 % en 2027, puis extinction complĂšte en 2028.

ConcrĂštement, cela signifie qu’une entreprise fortement consommatrice de capital – usine, logistique, industrie – verra progressivement sa charge liĂ©e Ă  la valeur ajoutĂ©e reculer. Pour un site industriel rĂ©alisant une valeur ajoutĂ©e imposable Ă©levĂ©e, la bascule de 0,28 % Ă  0,19 % en 2026 reprĂ©sente rapidement plusieurs dizaines de milliers d’euros qui ne sortent plus en impĂŽts. Ce n’est pas un “cadeau”, c’est un transfert : moins d’impĂŽt local, potentiellement plus de capacitĂ© d’autofinancement, et donc plus de marge de manƓuvre pour investir ou absorber des hausses de coĂ»ts salariaux.

Le calendrier n’est pas seulement politique, il est aussi technique. Le budget 2025, adoptĂ© tardivement, a nĂ©cessitĂ© la mise en place d’une cotisation complĂ©mentaire pour neutraliser la baisse mĂ©canique de la CVAE dĂ©jĂ  engagĂ©e. En clair : pour 2025, le lĂ©gislateur a cherchĂ© Ă  lisser l’effort budgĂ©taire de l’État. À partir de 2026, avec la nouvelle marche Ă  0,19 %, on sort progressivement de cette situation transitoire et les entreprises ressentent enfin une diminution nette de la charge globale liĂ©e Ă  la valeur ajoutĂ©e.

Pour un dirigeant de PME, l’enjeu est simple : ne pas laisser cette baisse filer dans les “frais gĂ©nĂ©raux”. Un exemple concret : une entreprise industrielle rĂ©gionale, 80 salariĂ©s, historiquement coincĂ©e entre un parc machine vieillissant et des marges sous pression. La rĂ©duction de CVAE attendue entre 2026 et 2028 peut reprĂ©senter l’équivalent d’une annuitĂ© de financement pour une nouvelle ligne de production, ou le budget d’un plan de formation pour digitaliser le back-office. Celui qui anticipe dĂšs maintenant dĂ©bloque un vrai levier de compĂ©titivitĂ©.

Cette Ă©volution interagit aussi avec la stratĂ©gie fiscale globale. Moins d’impĂŽt local sur la valeur ajoutĂ©e, mais toujours un impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s stabilisĂ© autour de 25 % sur le bĂ©nĂ©fice. Pour suivre prĂ©cisĂ©ment l’impact combinĂ©, mieux vaut revoir sa maniĂšre de piloter les rĂ©sultats. Un entrepreneur qui veut sĂ©curiser ses dĂ©cisions peut s’appuyer sur des ressources pĂ©dagogiques dĂ©diĂ©es au calcul de l’impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s, comme celles proposĂ©es sur le calcul de l’impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s, afin de maĂźtriser les ordres de grandeur avant de signer un investissement lourd.

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Cette baisse programmĂ©e de la CVAE n’est pas qu’un sujet de fiscalitĂ©, c’est un sujet de cashflow. En planifiant sur trois ans, une direction financiĂšre peut dĂ©cider de :

  • rĂ©duire un recours excessif au dĂ©couvert bancaire en affectant l’allĂšgement de CVAE au remboursement de dettes court terme ;
  • constituer une rĂ©serve de sĂ©curitĂ© pour encaisser d’autres hausses, comme les cotisations sociales ou l’énergie ;
  • financer un audit ou un projet d’optimisation de structure pour sĂ©curiser la croissance.

En rĂ©sumĂ©, la suppression accĂ©lĂ©rĂ©e de la CVAE offre une bouffĂ©e d’oxygĂšne, mais seule une gestion lucide de la trĂ©sorerie permet de la transformer en avantage stratĂ©gique et non en simple “souffle court” en fin d’annĂ©e.

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TVA et micro-entreprise en 2026 : seuils, franchise et impacts pour les petits business

Le deuxiĂšme grand chantier de 2026 touche la TVA et les rĂ©gimes simplifiĂ©s, avec un focus particulier sur les micro-entreprises. Les dĂ©bats ont Ă©tĂ© vifs : l’idĂ©e d’un seuil unique de franchise en base de TVA Ă  25 000 €, puis 37 500 €, a rĂ©guliĂšrement ressurgi, avant d’ĂȘtre finalement abandonnĂ©e. La position actuelle est claire : pas de seuil unique imposĂ© Ă  tous les indĂ©pendants, mais le maintien de seuils diffĂ©renciĂ©s selon la nature de l’activitĂ©.

Les seuils en vigueur, déjà abaissés en 2024 et ajustés par la loi de finances pour 2025, restent donc la référence pour 2026. On retrouve notamment :

  • 37 500 € de chiffre d’affaires pour les prestations de services, avec un seuil majorĂ© autour de 41 250 € ;
  • 85 000 € de chiffre d’affaires pour les activitĂ©s de vente de biens et marchandises, avec un seuil majorĂ© Ă  environ 93 500 € ;
  • des plafonds globaux de micro-entreprise Ă  188 700 € pour le commerce (BIC) et 77 700 € pour les prestations de services.

Pour un micro-entrepreneur, la vraie question n’est pas juridique, elle est opĂ©rationnelle : que se passe-t-il quand le chiffre d’affaires approche ces seuils ou les dĂ©passe ? DĂšs que la franchise de TVA saute, les factures doivent intĂ©grer la taxe et les obligations dĂ©claratives se complexifient. Celui qui ne l’anticipe pas risque une double peine : redressement fiscal et perte de marge s’il n’a pas ajustĂ© ses prix.

Pour illustrer, prenons le cas de Samira, graphiste freelance qui tourne entre 32 000 € et 40 000 € de CA annuel. Tant qu’elle reste sous les 37 500 € (et en dessous du seuil majorĂ©), elle ne facture pas de TVA et garde un positionnement “prix doux” face Ă  des agences plus structurĂ©es. Si elle vise une vraie montĂ©e en gamme en 2026, l’atteinte du seuil devient probable. Elle doit alors :

  1. faire des simulations de facturation avec TVA pour voir l’effet sur ses tarifs TTC ;
  2. prévenir ses clients professionnels, pour qui la TVA est récupérable et donc neutre ;
  3. envisager un changement de régime si sa croissance devient structurelle.

Les seuils ne sont pas seulement une contrainte, ils sont aussi un repÚre pour la stratégie de développement. Celui qui cherche à créer une petite entreprise rentable doit intégrer ces limites dÚs le business plan : mieux vaut structurer son offre et sa politique tarifaire pour ne pas freiner volontairement la croissance par peur de la TVA.

Le cas des services Ă  la personne mĂ©rite une attention particuliĂšre. Les entrepreneurs individuels qui interviennent dans ce secteur peuvent bĂ©nĂ©ficier d’un taux rĂ©duit de TVA Ă  10 %, tout en donnant accĂšs Ă  leurs clients Ă  un crĂ©dit d’impĂŽt pour l’emploi d’un salariĂ© Ă  domicile. Condition importante : si l’activitĂ© n’est plus exercĂ©e Ă  titre exclusif, le chiffre d’affaires des activitĂ©s annexes ne doit pas dĂ©passer 30 % du total de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, et la comptabilitĂ© doit clairement distinguer chaque segment. C’est une opportunitĂ© rĂ©elle pour diversifier son offre sans perdre les avantages fiscaux, Ă  condition de tenir une gestion rigoureuse.

Pour mieux visualiser les enjeux, voici un tableau synthétique des principaux seuils utiles en 2026 pour un entrepreneur individuel :

Type d’activitĂ© Seuil de franchise de TVA Seuil majorĂ© TVA Plafond micro-entreprise
Prestations de services (BIC/BNC) 37 500 € ≈ 41 250 € 77 700 €
Vente de biens / hĂ©bergement (BIC) 85 000 € ≈ 93 500 € 188 700 €
Services à la personne (micro-BIC/BNC) Seuils TVA identiques au régime principal Idem Plafonds micro selon la nature dominante

Pour ceux qui dĂ©marrent ou qui hĂ©sitent encore sur le bon statut, un dĂ©tour par des ressources dĂ©diĂ©es au rĂ©gime fiscal de la micro-entreprise ou aux conditions pour crĂ©er une entreprise en 2026 permet de clarifier les impacts avant de faire les dĂ©marches. La ligne directrice reste la mĂȘme : avant de chercher la croissance, valider la rentabilitĂ© et la structure fiscale qui vont avec.

En bref, 2026 ne chamboule pas tout sur la TVA, mais confirme une logique : les seuils sont plus bas qu’avant, les contrĂŽles plus serrĂ©s, et la frontiĂšre entre “petite activitĂ© flexible” et “vrai business structurĂ©â€ arrive plus tĂŽt que beaucoup ne le pensent.

Facturation électronique 2026 : nouvelles obligations, sanctions et organisation à mettre en place

Le troisiĂšme pilier de la rĂ©forme 2026, c’est la facturation Ă©lectronique obligatoire. LĂ , il ne s’agit plus seulement de taux ou de seuils, mais d’un changement profond dans la façon de fonctionner au quotidien. À partir du 1er septembre 2026, les grandes entreprises et les ETI devront obligatoirement Ă©mettre et recevoir leurs factures via des plateformes agréées. Les PME et micro-entrepreneurs suivront Ă  partir du 1er septembre 2027.

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L’objectif officiel est double : lutter contre la fraude Ă  la TVA et automatiser le e-reporting vers l’administration. Dans les faits, cela impose Ă  chaque entreprise de revoir ses outils, ses processus de vente et sa relation avec ses clients professionnels. Une simple facture PDF envoyĂ©e par e-mail ne suffira plus. Il faudra passer par une plateforme certifiĂ©e, capable de transmettre les donnĂ©es au format attendu par l’administration fiscale.

Le projet de loi de finances pour 2026 introduit d’ailleurs un nouveau rĂ©gime de sanctions pour ceux qui traĂźnent des pieds. Le systĂšme prĂ©vu est progressif :

  • 500 € aprĂšs une premiĂšre mise en demeure restĂ©e sans effet pendant trois mois ;
  • 1 000 € aprĂšs une seconde mise en demeure, toujours sans rĂ©gularisation ;
  • 1 000 € supplĂ©mentaires tous les trois mois tant que l’entreprise ne se met pas en conformitĂ© ;
  • 50 € par facture non conforme, plafonnĂ© Ă  15 000 € par an, contre 15 € auparavant.

Pour un cabinet de conseil ou une agence digitale qui facture des centaines de prestations par an, le risque financier peut grimper trĂšs vite. Le message est clair : l’administration ne veut plus d’entreprises “hors systĂšme” dans trois ou quatre ans. Mieux vaut donc voir cette Ă©volution comme un projet de gestion et non comme une contrainte subie la veille de l’échĂ©ance.

Un exemple concret : une PME de 25 salariĂ©s dans le BTP, avec un logiciel de devis/facturation vieillissant, bricolĂ© au fil du temps. Si elle attend 2026 pour rĂ©agir, elle devra Ă  la fois migrer ses donnĂ©es, former son Ă©quipe, adapter ses workflows et gĂ©rer les bugs en temps rĂ©el, sous la pression des chantiers en cours. Si elle s’y prend dĂšs maintenant, elle peut :

  1. auditer ses processus de facturation actuels (délais, relances, erreurs récurrentes) ;
  2. choisir une solution compatible facturation Ă©lectronique qui s’intĂšgre Ă  son outil comptable ;
  3. mettre en place un test sur quelques clients pilotes ;
  4. former progressivement l’équipe administrative et commerciale.

Cette transition peut mĂȘme devenir un levier de gestion : automatiser l’envoi des factures, les relances, le suivi des paiements, et donc amĂ©liorer la trĂ©sorerie. Un entrepreneur qui rĂ©flĂ©chit en termes de stratĂ©gie de croissance durable y verra une occasion de professionnaliser son back-office et de rĂ©duire sa dĂ©pendance Ă  “la personne qui sait tout faire sur Excel”.

Du cĂŽtĂ© des indĂ©pendants, l’obligation ne tombera qu’en 2027, mais ne pas anticiper serait une erreur. Ceux qui facturent dĂ©jĂ  via des outils en ligne seront avantagĂ©s. Pour les autres, le moment est venu de quitter les modĂšles Word bricolĂ©s et de passer Ă  un systĂšme qui gĂšre au moins :

  • la numĂ©rotation chronologique des factures ;
  • le calcul automatique de la TVA en cas de dĂ©passement de seuil ;
  • la gĂ©nĂ©ration de fichiers compatibles avec la future plateforme.

La facturation Ă©lectronique n’est pas seulement une contrainte rĂ©glementaire : c’est l’occasion de remettre de l’ordre dans ses chiffres. Et un business qui tient ses chiffres, c’est un business qui prend de meilleures dĂ©cisions, que ce soit pour investir, recruter ou prĂ©parer une Ă©ventuelle revente.

Cotisations sociales, retraite et indépendants : ce que 2026 change pour les auto-entrepreneurs

Au-delà des impÎts, 2026 marque une étape clé pour les cotisations sociales des auto-entrepreneurs. AprÚs une premiÚre hausse au 1er juillet 2024, puis un nouveau palier au 1er janvier 2025, le taux global de cotisations continue de monter pour atteindre 26,1 % à partir du 1er juillet 2026, pour la plupart des micro-entrepreneurs hors professions libérales CIPAV.

Sur le moment, l’annonce d’une hausse de cotisations est souvent vĂ©cue comme une mauvaise nouvelle. Pourtant, le sens de la rĂ©forme est clair : renforcer les droits Ă  la retraite des indĂ©pendants, longtemps laissĂ©s de cĂŽtĂ© par rapport aux salariĂ©s. Les cotisations versĂ©es financent la retraite de base mais aussi la retraite complĂ©mentaire, calculĂ©e sur un systĂšme de points gĂ©rĂ© par des organismes comme l’AGIRC-ARRCO selon les professions.

Selon la FĂ©dĂ©ration nationale des auto-entrepreneurs, cette augmentation progressive pourrait reprĂ©senter en moyenne 75 € de retraite complĂ©mentaire en plus par mois une fois Ă  la retraite. C’est loin d’ĂȘtre anodin, surtout pour ceux qui n’ont ni Ă©pargne significative ni patrimoine immobilier. Le vrai enjeu, c’est donc d’intĂ©grer cette hausse dans le modĂšle Ă©conomique, plutĂŽt que de la subir comme une simple baisse de revenu net.

Pour un indĂ©pendant qui facture des prestations de conseil Ă  500 € la journĂ©e, par exemple, il est possible d’absorber cette hausse de 23,1 % Ă  26,1 % en :

  • revalorisant lĂ©gĂšrement ses tarifs (par exemple +5 Ă  +10 %) en les justifiant par une montĂ©e en gamme ou une spĂ©cialisation ;
  • optimisant son temps productif (moins de temps non facturĂ©, meilleure prĂ©paration des missions) ;
  • rĂ©duisant certaines charges inutiles ou mal nĂ©gociĂ©es (outils sous-utilisĂ©s, abonnements dormants).

Le problĂšme apparaĂźt surtout pour ceux qui ont fixĂ© leurs prix trĂšs bas Ă  leurs dĂ©buts et n’ont jamais osĂ© les revoir. 56 % des travailleurs indĂ©pendants ont aujourd’hui le statut de micro-entrepreneur, souvent choisi pour sa simplicitĂ©. Mais la simplicitĂ© administrative ne doit pas masquer la nĂ©cessitĂ© de pilotage. L’augmentation des cotisations impose de repenser le positionnement : clientĂšle, valeur apportĂ©e, diffĂ©renciation, modĂšle de facturation.

Pour ceux qui envisagent de monter une entreprise sans reproduire les erreurs classiques, il devient crucial de calculer son prix de vente Ă  partir du revenu net visĂ©, en remontant jusqu’au chiffre d’affaires nĂ©cessaire aprĂšs cotisations et impĂŽts. L’époque oĂč l’on fixait son tarif “au doigt mouillĂ©â€ est rĂ©volue si l’on veut construire une activitĂ© durable.

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Enfin, la rĂ©forme des retraites, avec un Ăąge lĂ©gal portĂ© Ă  64 ans pour les gĂ©nĂ©rations les plus jeunes, oblige aussi les indĂ©pendants Ă  se projeter sur le long terme. Un micro-entrepreneur ne dispose pas d’assurance chĂŽmage et reste plus vulnĂ©rable en cas de baisse d’activitĂ©. La combinaison cotisations sociales + Ă©pargne personnelle devient donc une vraie stratĂ©gie de sĂ©curitĂ©.

En 2026, l’augmentation des cotisations n’est pas une punition. C’est un rappel : un statut simple ne dispense pas d’une rĂ©flexion approfondie sur la protection sociale, la retraite et la soliditĂ© du modĂšle Ă©conomique.

Relier fiscalité 2026 et stratégie business : investir, croßtre ou rester léger ?

Face Ă  ces changements – CVAE en baisse, seuils de TVA stabilisĂ©s mais plus bas qu’avant, facturation Ă©lectronique, cotisations en hausse – la vraie question pour un entrepreneur est stratĂ©gique : quel cap prendre pour les trois Ă  cinq prochaines annĂ©es ? Rester micro pour garder de la flexibilitĂ©, basculer en sociĂ©tĂ© pour mieux structurer, investir dans des actifs productifs ou privilĂ©gier des modĂšles lĂ©gers Ă  forte marge ?

Les rĂ©formes fiscales de 2026 ne donnent pas la rĂ©ponse Ă  votre place, mais elles dĂ©placent certaines lignes. La disparition progressive de la CVAE favorise davantage les structures capitalistiques que les micro-activitĂ©s trĂšs lĂ©gĂšres. À l’inverse, la hausse des cotisations des auto-entrepreneurs renforce la protection retraite mais Ă©rode la sensation de “cash rapide” qui attirait beaucoup vers ce statut. Les seuils de TVA plus stricts encouragent Ă  assumer une vraie montĂ©e en gamme plutĂŽt que de rester volontairement sous les radars.

Un entrepreneur qui dĂ©marre aujourd’hui avec peu de capital peut ĂȘtre tentĂ© de se tourner vers des business rentables sans gros capital de dĂ©part : contenu en ligne, conseil, infoproduits, affiliation, services B2B Ă  haute valeur. Ces modĂšles supportent mieux le passage Ă  la TVA et la hausse de cotisations, car la valeur perçue est forte et la marge brute Ă©levĂ©e. LĂ  oĂč un commerce physique trĂšs low-cost souffrira plus de chaque point de charge en plus.

Pour ceux qui rĂ©flĂ©chissent Ă  l’angle investissement, 2026 ouvre aussi des pistes. La baisse accĂ©lĂ©rĂ©e de la CVAE peut rendre plus attractifs certains investissements productifs, Ă  condition de bien choisir ses secteurs et de comprendre les tendances d’investissement intelligentes pour 2026. De mĂȘme, certains entrepreneurs prĂ©fĂ©reront reprendre une structure existante – dĂ©jĂ  adaptĂ©e aux obligations de facturation, dĂ©jĂ  au bon rĂ©gime de TVA – plutĂŽt que de tout crĂ©er from scratch.

La clé reste la cohérence entre fiscalité et stratégie :

  • Si l’objectif est de rester solo, flexible, orientĂ© mission Ă  haute valeur, le statut de micro-entreprise reste pertinent, mais nĂ©cessite une vraie rĂ©flexion prix/marge.
  • Si la vision est de bĂątir une structure avec salariĂ©s, machines, locaux, il devient logique de penser en sociĂ©tĂ©, de travailler son impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s et de jouer Ă  fond la carte de la suppression de la CVAE.
  • Si l’ambition est de tester plusieurs projets en parallĂšle, la fiscalitĂ© pousse Ă  garder une structure maĂźtresse claire, plutĂŽt qu’un empilement de micro-activitĂ©s mal pilotĂ©es.

Dans tous les cas, relier les réformes fiscales à une lecture des tendances business 2026 permet de décider de maniÚre plus lucide. La fiscalité ne doit pas dicter le business, mais ignorer la fiscalité revient à conduire de nuit sans phares.

Enfin, la maniĂšre de dĂ©marrer compte toujours. Ceux qui prĂ©parent sĂ©rieusement leur projet – Ă©tude de marchĂ©, marges, structure juridique, dĂ©marches – prennent une longueur d’avance. De nombreuses ressources guident dĂ©jĂ  pas Ă  pas l’ouverture d’une entreprise et ses dĂ©marches. Les rĂ©formes 2026 ne changent pas ce principe : la clartĂ© avant la vitesse.

Quels sont les principaux changements fiscaux pour les entreprises en 2026 ?

Les points majeurs sont : la baisse progressive de la CVAE jusqu’à sa suppression en 2028, le maintien de seuils de TVA diffĂ©renciĂ©s plutĂŽt qu’un seuil unique, la gĂ©nĂ©ralisation progressive de la facturation Ă©lectronique (Ă  partir du 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises), la poursuite de la contribution exceptionnelle des grands groupes avec des taux rĂ©duits, et la hausse des cotisations sociales des auto-entrepreneurs jusqu’à 26,1 % au 1er juillet 2026.

La suppression de la CVAE en 2028 va-t-elle vraiment améliorer la trésorerie des entreprises ?

Oui, surtout pour les entreprises Ă  forte valeur ajoutĂ©e et intensives en capital (industrie, logistique, certaines activitĂ©s de services B2B). La baisse du taux dĂšs 2026 rĂ©duit mĂ©caniquement la charge fiscale. L’effet se matĂ©rialise progressivement et peut reprĂ©senter des montants significatifs Ă  rĂ©allouer vers l’investissement, le dĂ©sendettement ou la constitution d’une trĂ©sorerie de sĂ©curitĂ©.

Que doivent faire les micro-entrepreneurs face aux changements de TVA et de cotisations en 2026 ?

Les micro-entrepreneurs doivent surveiller leur chiffre d’affaires par rapport aux seuils de franchise de TVA (37 500 € et 85 000 € selon l’activitĂ©), anticiper le passage Ă  la TVA en ajustant leurs prix si nĂ©cessaire, intĂ©grer la hausse des cotisations sociales (jusqu’à 26,1 %) dans leur calcul de tarifs, et prĂ©parer le passage Ă  la facturation Ă©lectronique dĂšs 2027. Un suivi rĂ©gulier des chiffres et une tarification alignĂ©e sur la valeur apportĂ©e deviennent indispensables pour rester rentable.

La facturation électronique sera-t-elle obligatoire pour toutes les entreprises ?

Oui, mais selon un calendrier progressif. Les grandes entreprises et les ETI devront Ă©mettre et recevoir leurs factures au format Ă©lectronique via une plateforme agréée Ă  partir du 1er septembre 2026. Les PME et micro-entreprises suivront un an plus tard, au 1er septembre 2027. Des sanctions financiĂšres sont prĂ©vues en cas de non-respect, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 50 € par facture non conforme (plafonnĂ© Ă  15 000 € par an).

Comment adapter sa stratĂ©gie d’entreprise aux rĂ©formes fiscales de 2026 ?

Il est utile de relier chaque rĂ©forme Ă  son modĂšle Ă©conomique : identifier l’impact de la baisse de la CVAE sur la capacitĂ© d’investissement, vĂ©rifier si le statut actuel reste cohĂ©rent avec les seuils de TVA et la hausse des cotisations, anticiper le passage Ă  la facturation Ă©lectronique comme un projet d’organisation, et rĂ©viser si besoin les prix de vente Ă  partir du revenu net souhaitĂ©. S’entourer d’un expert-comptable ou de ressources spĂ©cialisĂ©es permet de transformer ces Ă©volutions en dĂ©cisions structurĂ©es plutĂŽt qu’en contraintes subies.

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