Un avis d’inaptitude ne met pas fin, à lui seul, au contrat de travail. L’employeur doit examiner les possibilités de reclassement, respecter les délais applicables et convoquer le salarié à un entretien préalable avant de décider d’un licenciement. Cette étape compte : elle permet d’exposer les motifs envisagés, de répondre aux questions et de recueillir les observations du salarié. Elle ne transforme toutefois pas l’entretien en négociation obligatoire, ni en simple formalité à expédier.
Le déroulé dépend aussi de l’origine de l’inaptitude, professionnelle ou non, et des mentions figurant dans l’avis du médecin du travail. Une erreur fréquente consiste à confondre la visite médicale, la recherche de reclassement et l’entretien préalable. Ce sont des étapes distinctes, avec des règles propres. Pour éviter une procédure fragile, mieux vaut suivre les dates, conserver les échanges et vérifier les indemnités avant d’envoyer la lettre de licenciement.
En bref : les étapes de l’entretien préalable pour inaptitude
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L’avis d’inaptitude est établi par le médecin du travail. Il précise les restrictions et peut, dans certaines situations, dispenser l’employeur de rechercher un reclassement.
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L’employeur recherche un poste compatible avec les capacités du salarié, sauf exception indiquée dans l’avis. La consultation du CSE peut être requise.
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La convocation indique l’objet, la date, l’heure et le lieu de l’entretien. Cinq jours ouvrables au moins doivent séparer sa présentation de l’entretien.
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Le salarié peut s’exprimer et se faire assister dans les conditions prévues par le Code du travail. Sa présence n’est pas obligatoire.
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La lettre de licenciement ne peut partir qu’après l’entretien et doit exposer les motifs de la rupture. Le délai d’un mois lié à l’inaptitude doit également être surveillé.
Avant l’entretien de licenciement pour inaptitude : avis médical et reclassement
La procédure commence par l’avis du médecin du travail, pas par une décision prise unilatéralement par l’employeur. L’inaptitude peut concerner un poste précis sans signifier que le salarié ne peut exercer aucun emploi. C’est pourquoi l’avis médical doit être lu attentivement : les indications sur les tâches possibles, les aménagements ou le maintien dans l’emploi déterminent la suite à donner.
Une seconde visite médicale n’est pas systématique. Le médecin du travail peut en organiser une s’il l’estime nécessaire, dans le cadre réglementaire applicable. L’employeur ne doit donc pas appliquer mécaniquement un calendrier de deux visites. Si le salarié ou l’employeur conteste l’avis médical, des voies de recours existent devant le conseil de prud’hommes, selon les modalités et délais prévus par le Code du travail.
Une recherche de reclassement concrète et traçable
En principe, l’employeur doit rechercher un emploi compatible avec les conclusions du médecin du travail et les capacités du salarié. Cette recherche porte sur les postes disponibles dans l’entreprise et, lorsque les règles relatives au groupe s’appliquent, dans les entreprises concernées situées en France. Le poste peut nécessiter une adaptation ou une transformation, à condition que cela reste réalisable et cohérent avec l’avis médical.
Un exemple aide à comprendre la différence entre une recherche réelle et une recherche de façade. Une salariée déclarée inapte à son poste de manutention peut, selon les restrictions médicales, être examinée pour un emploi d’accueil ou de suivi administratif. L’employeur doit vérifier les tâches, les compétences requises, les possibilités de formation et les éventuels aménagements. Une réponse générale du type « aucun poste disponible » ne remplace pas cette analyse.
Le CSE doit être consulté sur les propositions de reclassement lorsqu’il existe et que la consultation est requise. L’employeur peut être dispensé de rechercher un reclassement si l’avis indique expressément que tout maintien dans un emploi serait gravement préjudiciable à la santé du salarié ou que son état fait obstacle à tout reclassement. Ces mentions doivent être vérifiées mot pour mot.
| Étape | Point à vérifier | Repère pratique |
|---|---|---|
| Avis médical | Restrictions et éventuelle dispense de reclassement | Conserver l’avis et dater sa réception |
| Reclassement | Postes disponibles et adaptations envisageables | Documenter les recherches effectuées |
| Entretien | Convocation et délai de préparation | Au moins cinq jours ouvrables |
| Décision | Lettre motivée et respect des délais | Surveiller le délai d’un mois lié à l’inaptitude |
Le délai d’un mois à compter de l’examen ayant établi l’inaptitude est un repère essentiel : si le salarié n’est ni reclassé ni licencié à son terme, l’employeur doit reprendre le versement du salaire. La première sécurité consiste donc à organiser la procédure dès réception de l’avis médical.

Convocation à l’entretien préalable : contenu, délai et assistance
L’entretien préalable au licenciement pour inaptitude est une étape obligatoire de la procédure de licenciement. L’employeur convoque le salarié par lettre recommandée avec avis de réception ou par remise en main propre contre décharge. La convocation doit préciser l’objet de l’entretien, ainsi que sa date, son heure et son lieu. Une formulation claire évite au salarié de découvrir tardivement qu’une rupture est envisagée.
Un délai minimum de cinq jours ouvrables doit séparer la présentation de la lettre recommandée ou sa remise de la date de l’entretien. Les jours ouvrables correspondent en principe aux jours pouvant être travaillés dans l’entreprise, hors jour de repos hebdomadaire et jours fériés habituellement chômés. Le calcul doit être effectué avec soin : une convocation remise trop tard peut rendre la procédure irrégulière.
Choisir le lieu et préparer les échanges
L’entretien se tient en principe sur le lieu de travail ou au siège de l’entreprise, sauf circonstances particulières justifiant une autre organisation. Il doit se dérouler dans des conditions permettant un échange confidentiel et respectueux. Une salle adaptée, un horaire communiqué à l’avance et la présence d’un représentant de l’employeur habilité à présenter la démarche rendent la rencontre plus claire.
Le salarié peut être assisté par une personne autorisée par la loi. Lorsqu’il existe des représentants du personnel, il peut généralement choisir un membre du personnel de l’entreprise. En l’absence de représentant, il peut recourir à un conseiller du salarié inscrit sur la liste administrative compétente. La convocation doit rappeler les modalités d’assistance applicables, notamment l’accès à cette liste lorsque la situation le prévoit.
L’absence du salarié ne bloque pas automatiquement la procédure et ne constitue pas, à elle seule, une faute. L’employeur doit pouvoir démontrer qu’il a correctement convoqué la personne et lui a laissé le délai nécessaire. En revanche, une absence prive le salarié de la possibilité de présenter ses observations lors de cet échange. S’il ne peut pas venir pour un motif sérieux, il peut prévenir l’employeur et demander si un report est envisageable, sans que celui-ci soit systématiquement obligatoire.
Avant la rencontre, le salarié peut préparer les questions utiles : quels postes ont été examinés, quelles adaptations ont été envisagées, le CSE a-t-il été consulté lorsque nécessaire, et quelles indemnités sont susceptibles d’être versées ? Côté employeur, un dossier chronologique réduit les oublis : avis médical, recherches de reclassement, échanges écrits, convocations et éventuelles réponses du salarié.
La convocation n’est pas une lettre de licenciement anticipée. Elle annonce un entretien préalable et laisse la décision ouverte jusqu’à l’issue de la procédure. Un calendrier lisible et une assistance clairement expliquée protègent les droits du salarié comme la régularité du dossier.
Déroulement de l’entretien : exposer les motifs sans préjuger de la décision
Le jour de l’entretien, l’employeur expose les raisons pour lesquelles un licenciement est envisagé et recueille les observations du salarié. Le motif ne doit pas être formulé comme si la rupture était déjà décidée. Dans une procédure liée à l’inaptitude, l’échange porte notamment sur l’avis du médecin du travail, les possibilités de reclassement examinées et, le cas échéant, l’impossibilité de proposer un emploi compatible.
L’entretien ne sert pas à demander au salarié de justifier son état de santé. L’employeur doit s’en tenir aux éléments professionnels nécessaires et respecter la confidentialité des informations médicales. Le médecin du travail apprécie l’aptitude et les restrictions ; l’entreprise organise le travail et examine les solutions compatibles. Mélanger ces rôles crée de la confusion et peut détériorer le dialogue.
Un échange contradictoire, concret et respectueux
Une conduite efficace suit un ordre simple. L’employeur rappelle l’objet de la rencontre, présente les éléments de la procédure, explique les recherches de reclassement et laisse le salarié répondre. Celui-ci peut demander des précisions, signaler un poste qui n’aurait pas été examiné ou apporter des informations utiles sur ses compétences et son expérience. Les observations doivent être écoutées sans promettre une solution que l’entreprise ne peut garantir.
Imaginons une PME de vingt salariés où un technicien ne peut plus effectuer certaines opérations physiques. La direction a étudié un poste de contrôle qualité, mais celui-ci implique des gestes répétitifs interdits par l’avis médical. Pendant l’entretien, le salarié peut demander si une autre organisation est possible ou si un poste administratif a été examiné. L’employeur doit répondre sur la base des tâches réelles, et non d’une description approximative du poste.
Il n’existe pas d’obligation générale imposant de rédiger un compte rendu signé par les deux parties. L’employeur peut toutefois consigner les échanges dans une note interne datée, factuelle et mesurée. Si le salarié refuse de signer un document, ce refus ne doit pas être transformé en aveu ou en acceptation de la décision. Une trace utile distingue ce qui a été dit de l’interprétation que chacun pourrait en faire.
Quelques pratiques rendent l’échange plus solide :
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Présenter des faits vérifiables : avis reçu, postes étudiés, adaptations envisagées et réponses apportées.
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Laisser le salarié parler sans interrompre systématiquement ni réduire l’entretien à une lecture de courrier.
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Éviter les questions médicales intrusives et s’appuyer sur les restrictions formulées par le médecin du travail.
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Noter les propositions ou remarques nouvelles afin de les vérifier avant toute décision définitive.
Un entretien préalable ne garantit pas que le salarié et l’employeur seront d’accord. Il garantit surtout que la personne a pu connaître les motifs envisagés et présenter sa position. La qualité de l’échange se mesure à la précision des faits et à la possibilité réelle de répondre.
Après l’entretien : lettre de licenciement, délais et indemnités
Après l’entretien, l’employeur réexamine les éléments du dossier avant de prendre sa décision. Si le licenciement est maintenu, la notification intervient par lettre recommandée avec avis de réception. Pour un licenciement personnel, la lettre ne peut pas être expédiée moins de deux jours ouvrables après la date prévue de l’entretien. Ce délai minimal ne doit pas être confondu avec le délai d’un mois lié à la procédure d’inaptitude.
La lettre doit exposer les motifs précis de la rupture. Elle ne peut pas se limiter à écrire que le salarié est « inapte » : elle doit articuler la décision avec l’avis médical et, selon le cas, l’impossibilité de reclassement, le refus d’un poste compatible ou la dispense de reclassement inscrite dans l’avis. Une motivation vague fragilise la décision, notamment si le salarié la conteste.
Le délai d’un mois et les droits à indemnisation
À compter de l’examen médical ayant conduit au constat d’inaptitude, l’employeur dispose d’un mois pour reclasser le salarié ou prononcer la rupture. Si aucune de ces issues n’intervient dans le délai, le salaire doit être repris jusqu’au reclassement ou à la rupture du contrat. Ce mécanisme concerne l’inaptitude professionnelle comme non professionnelle ; l’origine de l’inaptitude joue toutefois un rôle important dans le calcul des indemnités.
En cas d’inaptitude d’origine professionnelle, le salarié peut notamment avoir droit à une indemnité spéciale de licenciement au moins égale au double de l’indemnité légale, sous réserve des règles applicables, ainsi qu’à une indemnité compensatrice d’un montant égal à celui du préavis. Cette dernière ne correspond pas à l’exécution d’un préavis ordinaire. En cas d’origine non professionnelle, les règles sont différentes : l’indemnité de licenciement dépend notamment de l’ancienneté et des dispositions conventionnelles, tandis que le préavis n’est généralement pas exécuté ni payé, sauf règle plus favorable.
Dans les deux situations, les congés payés acquis et non pris doivent être traités selon les règles applicables. L’allocation chômage peut être demandée si les conditions d’ouverture des droits sont remplies. Pour distinguer les sommes dues selon les circonstances, consultez les repères sur les indemnités en cas de licenciement pour inaptitude.
Le salarié peut demander des précisions sur les motifs énoncés dans la lettre dans les quinze jours suivant sa notification, selon les modalités prévues par le Code du travail. Il peut aussi contester la rupture devant le conseil de prud’hommes ; le délai de contestation dépend de la nature de la demande et des règles de prescription applicables. Il est donc préférable de vérifier rapidement les dates et de conserver la convocation, l’avis médical, la lettre et les documents de fin de contrat.
Une rupture conventionnelle répond à une logique différente : elle suppose un accord entre les parties et ne remplace pas automatiquement la procédure d’inaptitude. Pour comparer ces mécanismes, la page sur le motif d’une rupture conventionnelle apporte un repère distinct. La lettre, les délais et les indemnités doivent être vérifiés ensemble : isoler un seul élément donne rarement une vision fiable des droits.
Questions fréquentes sur l’entretien préalable pour inaptitude
L’entretien préalable est-il obligatoire en cas de licenciement pour inaptitude ?
Oui, l’employeur doit convoquer le salarié à un entretien préalable avant de notifier le licenciement, selon la procédure applicable au licenciement personnel. L’entretien permet de présenter les motifs envisagés et de recueillir les observations du salarié.
Le salarié peut-il ne pas se présenter à l’entretien ?
Oui. La présence du salarié n’est pas obligatoire et son absence ne constitue pas, à elle seule, une faute. L’employeur peut poursuivre la procédure s’il a régulièrement envoyé la convocation et respecté les délais.
Quel délai respecter entre la convocation et l’entretien ?
Au moins cinq jours ouvrables doivent séparer la présentation de la convocation recommandée, ou sa remise en main propre, de la date de l’entretien. Il faut compter les jours selon les règles applicables dans l’entreprise.
L’employeur doit-il toujours proposer un reclassement ?
En principe, oui : il recherche un poste compatible avec les conclusions du médecin du travail et consulte le CSE lorsque la consultation est requise. Une dispense peut s’appliquer si l’avis médical comporte l’une des mentions légales excluant le reclassement.
Quand le salaire reprend-il si le salarié n’est pas reclassé ou licencié ?
Si, un mois après l’examen médical ayant établi l’inaptitude, le salarié n’est ni reclassé ni licencié, l’employeur doit reprendre le versement du salaire jusqu’à la réalisation de l’une de ces deux issues.


