Auto-entrepreneur ou SASU : quel statut choisir selon ton projet ?

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Créer une entreprise, ce n’est pas seulement déposer un dossier en ligne. C’est choisir une structure qui va impacter vos impôts, votre protection sociale, votre capacité à investir et même la façon dont vous pourrez un jour revendre votre activité. Entre auto-entrepreneur (micro-entreprise) et SASU, les promesses ne sont pas les mêmes. Le premier mise sur la simplicité et un démarrage ultra rapide. La seconde joue la carte de la structure solide, prévue pour encaisser la croissance, l’embauche, voire l’arrivée d’investisseurs.

Derrière ce choix, il y a surtout une question : quel est votre projet réel ? Une activité complémentaire pour tester un marché ou un business que vous voulez faire grossir et valoriser ? Le modèle économique, les marges, les besoins d’investissement, la visibilité sur les revenus et même votre situation perso (salarié, demandeur d’emploi, retraité) doivent entrer dans l’équation. Cet article déroule, point par point, l’impact concret de chaque statut : fiscalité, charges sociales, responsabilité, formalités, évolutivité. L’objectif est simple : vous aider à trancher sans vous fier aux mythes ni aux discours “magiques”. Seulement aux chiffres et à la stratégie.

En bref

  • Auto-entrepreneur : idĂ©al pour tester une activitĂ©, dĂ©marrer vite, avec une comptabilitĂ© simplifiĂ©e et des cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires, mais avec des plafonds de CA et sans dĂ©duction des frais rĂ©els.
  • SASU : adaptĂ©e aux projets ambitieux, sans limite de chiffre d’affaires, avec dĂ©duction des charges, meilleure protection sociale, mais des formalitĂ©s plus lourdes et une gestion plus coĂ»teuse.
  • Les deux rĂ©gimes n’offrent pas de droits au chĂ´mage pour le dirigeant, mĂŞme en cas de bonne couverture sociale cĂ´tĂ© SASU.
  • Votre choix doit s’appuyer sur votre modèle Ă©conomique : niveau de marge, besoin d’investir, besoin d’embaucher, projections de revenus, stratĂ©gie de croissance.
  • Il est possible de passer de la micro-entreprise Ă  la SASU en cas de succès, mais l’inverse implique de fermer la sociĂ©tĂ© avant de redevenir micro.

Sommaire

Auto-entrepreneur ou SASU : comprendre les bases avant de choisir

Avant de parler fiscalité ou charges, il faut comprendre la nature même de ces deux cadres. La micro-entreprise n’est pas une forme de société, mais un régime fiscal et social simplifié de l’entreprise individuelle. La SASU, elle, est une société à part entière, avec sa propre personnalité juridique et son propre patrimoine. Ce n’est pas du tout la même logique, ni les mêmes enjeux.

Imaginez deux profils. Clara veut lancer un service de rédaction web en parallèle de son CDI pour voir si le marché répond. De l’autre côté, Malik prépare une marque de boissons sans alcool avec ambition de distribution nationale et recherche d’investisseurs à moyen terme. Clara a besoin de simplicité et de visibilité sur ses charges. Malik a besoin d’une structure crédible, scalable, capable de porter des investissements, des stocks, une équipe. Les mêmes formulaires en ligne, deux réalités aux antipodes.

Micro-entreprise : un régime ultra simplifié pour tester et démarrer vite

Le régime d’auto-entrepreneur permet de créer son activité en quelques clics via le guichet unique. L’entrepreneur agit en son nom propre, mais bénéficie d’une séparation entre patrimoine professionnel et personnel, ce qui limite la saisie de ses biens privés en cas de problème. Les obligations de gestion sont réduites : un livre de recettes, parfois un registre des achats, et c’est tout.

En contrepartie, ce régime est borné par des plafonds de chiffre d’affaires. Pour rester micro-entrepreneur, impossible de dépasser environ 188 700 € pour la vente de marchandises et 77 700 € pour les prestations de services et professions libérales. Ces limites peuvent suffire pour une activité complémentaire, un freelance solo ou un petit commerce léger, mais deviennent vite un plafond de verre dès que l’activité décolle réellement.

Autre point clé : l’auto-entrepreneur ne déduit pas ses charges réelles. Le fisc applique un abattement forfaitaire sur le chiffre d’affaires pour calculer le revenu imposable. C’est très confortable quand on a peu de frais (consultant, formateur, développeur freelance). C’est beaucoup moins intéressant dès que le modèle consomme du stock, de la logistique ou du marketing payant. C’est là qu’il faut regarder du côté de la SASU.

SASU : une société pensée pour structurer et faire grandir un projet

La SASU est une Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle. Elle fonctionne comme une SAS classique, mais avec un seul associé. Elle possède son propre patrimoine, distinct de celui de l’associé unique. La responsabilité de ce dernier est en principe limitée à ses apports, sauf faute de gestion grave. Cette dissociation rassure beaucoup d’entrepreneurs qui vont signer des baux commerciaux, des contrats de fourniture ou des prêts.

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Contrairement à la micro-entreprise, la SASU n’a aucun plafond de chiffre d’affaires. Elle peut également accueillir plus tard d’autres associés et devenir une SAS classique. Le dirigeant, président de la SASU, est assimilé salarié : il dépend du régime général, avec une protection sociale proche de celle d’un cadre, hors assurance chômage. Les charges sociales portent sur sa rémunération, pas sur le chiffre d’affaires.

En matière juridique, la SASU permet une grande souplesse statutaire. Les règles de décision, de rémunération, d’entrée et de sortie d’associés sont fixées dans les statuts. C’est un atout pour organiser des tours de table, des pactes d’associés et, à terme, une revente du business. C’est aussi plus complexe à rédiger : dans la pratique, faire appel à un professionnel (avocat, expert-comptable) coûte souvent entre 1 000 et 3 000 €.

Ce premier contraste montre déjà le cœur du sujet : auto-entreprise pour la vitesse et la simplicité, SASU pour la structure et la croissance. La suite du choix se joue ensuite sur la fiscalité, la protection sociale et la capacité à embaucher.

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Statut juridique, responsabilité et activités possibles : micro-entreprise vs SASU

Le statut juridique ne sert pas qu’à remplir un formulaire. Il conditionne votre responsabilité, la nature des activités que vous pouvez exercer, et la façon dont vous serez perçu par les partenaires, banques, bailleurs. Auto-entrepreneur et SASU ne jouent pas dans la même catégorie sur ces points.

Responsabilité et patrimoine : ce que vous risquez vraiment

L’auto-entrepreneur est un entrepreneur individuel. Depuis la réforme récente de l’entreprise individuelle, son patrimoine professionnel est séparé de son patrimoine personnel. Les créanciers professionnels ne peuvent, en principe, pas saisir sa résidence principale ni certains biens privés. Il reste néanmoins possible, sur demande d’un créancier, de renoncer à cette limitation pour une dette spécifique, ce qui revient à engager une partie de ses biens personnels.

En SASU, la règle est claire : la société est une personne morale. Elle détient ses biens, signe ses contrats, emprunte en son nom. La responsabilité de l’associé unique est limitée à ses apports en capital. Sauf faute de gestion prouvée, les dettes de la société ne se reportent pas sur le patrimoine personnel. Pour un projet à forts engagements financiers (stock important, bail commercial de longue durée, emprunt bancaire), cette protection est un levier de sérénité non négligeable.

Il faut aussi considérer la perception extérieure. Certains fournisseurs, franchises ou bailleurs préfèrent travailler avec une société plutôt qu’avec un entrepreneur individuel. Non pas parce que la micro-entreprise est illégitime, mais parce que la SASU renvoie une image plus “structurée” et facilite certaines négociations.

Activités autorisées et incompatibilités selon le statut

Autre élément trop souvent oublié : toutes les activités ne sont pas compatibles avec tous les statuts. La micro-entreprise ne permet pas d’exercer certaines activités, notamment :

  • les activitĂ©s agricoles rattachĂ©es Ă  la MSA ;
  • les activitĂ©s soumises Ă  la TVA immobilière (marchands de biens, agents immobiliers, etc.) ;
  • la location d’immeubles non meublĂ©s ou certains locaux professionnels ;
  • diverses activitĂ©s artistiques rĂ©munĂ©rĂ©es par droits d’auteur ;
  • plusieurs professions rĂ©glementĂ©es (certains mĂ©tiers du droit, de la santĂ©, de la finance).

La SASU est plus ouverte, mais pas totalement libre. Elle ne peut pas non plus porter certains métiers réglementés (certains professionnels de santé, activités d’assurance ou de réassurance, débit de tabac, par exemple). Là encore, tout se joue au cas par cas. Avant de choisir un statut, vérifier la compatibilité de votre activité avec chaque cadre juridique évite les mauvaises surprises après immatriculation.

Lecture stratégique du statut juridique

Pour faire un choix éclairé, il est utile d’avoir une vue d’ensemble sur les formes existantes. Un comparatif détaillé des cadres disponibles (EI, micro, SASU, EURL…) est accessible via des ressources spécialisées comme ce guide sur le statut juridique d’entreprise. L’enjeu n’est pas de collectionner les options, mais d’aligner le statut avec votre réalité : activité exercée, risques financiers, objectif de croissance, besoin ou non d’accueil d’associés.

La clé à retenir ici est simple : plus les enjeux financiers et juridiques sont élevés, plus la SASU devient pertinente. Pour un démarrage léger, sans engagement lourd, la micro-entreprise reste imbattable en termes de simplicité.

Fiscalité : micro-entreprise vs SASU, ce que vous allez vraiment payer

La fiscalité est souvent le nerf de la guerre. Pourtant, beaucoup de créateurs se contentent d’une vision partielle : “En micro, on paie peu de charges” ou “En société, c’est plus lourd”. La réalité est plus nuancée. Tout dépend de votre niveau de marge, de votre besoin de déduire vos frais et de votre situation fiscale personnelle.

Micro-entreprise : impĂ´t sur le revenu et abattement forfaitaire

L’auto-entrepreneur relève automatiquement de l’impôt sur le revenu. Le principe est simple : vous déclarez votre chiffre d’affaires annuel (ventes ou prestations). L’administration applique un abattement forfaitaire pour charges, par exemple :

  • 71 % pour l’achat-revente et la fourniture de logement ;
  • 50 % pour les activitĂ©s commerciales ou artisanales (BIC) ;
  • 34 % pour les activitĂ©s libĂ©rales (BNC).

Le reste constitue votre revenu imposable, intégré à votre foyer fiscal. Vous pouvez opter pour le versement libératoire, qui consiste à payer un pourcentage de votre chiffre d’affaires chaque mois ou trimestre, en même temps que vos cotisations sociales. C’est simple, lisible, mais sans possibilité de déduire vos frais réels. Pour creuser ce sujet, un point complet sur la fiscalité de la micro-entreprise permet de simuler différents scénarios.

Concrètement, si vous avez très peu de frais (consulting, coaching, prestation intellectuelle à distance), ce régime peut être très efficace. Si au contraire vous devez financer du matériel, des locaux, de la sous-traitance ou de la pub payante, l’abattement forfaitaire risque de ne pas couvrir vos charges réelles. Vous payez alors de l’impôt sur une base plus élevée que votre bénéfice réel.

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SASU : impôt sur les sociétés, options et optimisation

La SASU est par défaut soumise à l’impôt sur les sociétés (IS). Le bénéfice imposable est calculé en prenant le chiffre d’affaires et en déduisant toutes les charges professionnelles réelles : salaires, loyers, marketing, amortissements, etc. En pratique, cela permet de coller beaucoup mieux à la réalité économique de l’activité.

Les taux d’IS sont aujourd’hui structurés autour d’un taux réduit (sous conditions, jusqu’à un certain niveau de bénéfice) et d’un taux normal au-delà. Pour une vision claire et à jour des seuils, ce dossier sur le calcul de l’impôt sur les sociétés détaille les tranches et exemples chiffrés. Parallèlement, la rémunération versée au dirigeant sera imposée à l’IR dans la catégorie des traitements et salaires.

Il est possible, sous conditions, d’opter pour l’impôt sur le revenu pour la SASU sur une période limitée. Cette option peut être intéressante au démarrage si la société génère des pertes (qui viendront alors réduire le revenu imposable du foyer). Un panorama plus large de la fiscalité d’une SASU en 2026 permet d’anticiper ces choix et de calibrer salaire, dividendes et investissement.

Comparatif fiscal synthétique

Pour visualiser rapidement les différences, voici un tableau comparatif :

Critère Micro-entreprise (auto-entrepreneur) SASU
Type d’imposition principale Impôt sur le revenu (IR) du foyer Impôt sur les sociétés (IS) par défaut, option IR possible
Base de calcul Chiffre d’affaires avec abattement forfaitaire Bénéfice réel après déduction de toutes les charges
Déduction des frais réels Non, abattement forfaitaire uniquement Oui, charges professionnelles déductibles
Gestion de la TVA Franchise en base de TVA possible, seuils à respecter Soumise à la TVA sauf cas de franchise ou exonération
Complexité fiscale Faible, déclaration simplifiée Plus élevée, comptabilité complète obligatoire

L’enjeu n’est pas de savoir quel régime est “le moins taxé” en général, mais lequel est cohérent avec vos charges réelles. Une activité à forte marge et peu de frais se prête bien à la micro-entreprise. Une activité avec investissements, équipe, stock ou marketing important sera mieux portée par une SASU avec IS. Pour une vue globale de l’environnement fiscal actuel des entreprises, le dossier sur la fiscalité des entreprises en 2026 permet de replacer votre choix dans un cadre plus large.

Au final, la bonne question à vous poser n’est pas “Quel statut paie le moins d’impôts ?”, mais “Avec quel statut mon bénéfice net après impôts sera-t-il le plus cohérent avec mon modèle économique ?”.

Charges sociales, protection et capacité à se verser un revenu

Un business qui tourne, c’est bien. Un business qui vous permet de vivre correctement, c’est mieux. Entre auto-entrepreneur et SASU, le calcul des cotisations sociales et la qualité de la protection ne suivent pas la même logique. Là encore, tout dépend de votre niveau de revenu et de ce que vous attendez réellement de votre couverture sociale.

Auto-entrepreneur : cotisations liées au chiffre d’affaires

En micro-entreprise, les charges sociales sont calculées comme un pourcentage du chiffre d’affaires encaissé. Le taux varie selon la nature de l’activité : commerce, prestation de service, activité libérale, location meublée de tourisme, etc. Si vous ne facturez rien sur une période, vous ne payez aucune cotisation sociale pour cette période. C’est une sécurité appréciable au démarrage ou en cas de variation forte d’activité.

Ce système est très lisible : vous connaissez à l’avance le pourcentage qui partira en cotisations à chaque déclaration mensuelle ou trimestrielle. Il facilite le pilotage de trésorerie, surtout quand on débute. En contrepartie, la protection sociale reste plus limitée : indemnités journalières conditionnées à un certain niveau de revenus, retraite calculée sur le chiffre d’affaires déclaré, pas de droits au chômage. Pour certains, c’est un compromis acceptable, pour d’autres, un frein.

SASU : protection renforcée, charges sur la rémunération

En SASU, le président est assimilé salarié. Ses cotisations sociales sont calculées sur la base de sa rémunération brute. Globalement, le coût total pour la société représente environ 60 à 65 % du salaire net versé. Un président qui se verse 2 000 € nets par mois coûtera donc sensiblement plus de 3 000 € à sa société, charges comprises.

En échange, la couverture sociale est plus proche de celle d’un salarié classique : meilleure prise en charge en cas de maladie, maternité, accidents, retraite plus lisible. Là encore, pas d’assurance chômage, mais une sécurité sanitaire plus robuste. Attention toutefois à un point souvent négligé : si le dirigeant ne se verse aucune rémunération, il ne cotise pas et n’est donc pas couvert au titre du régime général via la société.

Le vrai sujet n’est pas seulement le niveau de cotisations, mais la capacité de votre activité à générer un salaire régulier pour justifier ce modèle. Une activité très irrégulière, avec beaucoup de saisonnalité, sera parfois plus confortable en micro-entreprise, le temps de lisser le modèle.

Quel statut pour bien se payer ?

La question qui revient souvent est simple : “Avec quel statut vais-je me payer le mieux ?”. La réponse dépend de plusieurs variables :

  • vos objectifs de revenu personnel Ă  court et moyen terme ;
  • la rĂ©gularitĂ© de votre chiffre d’affaires ;
  • le niveau d’investissement nĂ©cessaire ;
  • votre besoin de protection sociale renforcĂ©e.

Dans certains cas, la stratégie peut consister à démarrer en micro-entreprise, monter progressivement le chiffre d’affaires, puis basculer en SASU une fois un palier de rentabilité et de stabilité atteint. Ce n’est pas une règle universelle, mais un scénario fréquent dans les métiers de prestation de service, du digital ou du conseil.

  Quel statut juridique choisir quand on crĂ©e sa première entreprise ?

Pour optimiser ce volet social et fiscal, il est pertinent de l’intégrer dès la phase de préparation dans un business plan cohérent. Un modèle de business plan simplifié permet justement de simuler plusieurs hypothèses de statut, de revenus et de charges, et de voir l’impact direct sur votre rémunération nette.

Retenez cette idée structurante : avant de chercher la “meilleure” protection sociale, vérifiez la capacité réelle de votre activité à générer du cash régulièrement. Le statut vient ensuite soutenir, ou limiter, cette dynamique.

Formalités, comptabilité et évolutivité : quel statut pour la suite du projet ?

Choisir entre auto-entreprise et SASU ne concerne pas uniquement le démarrage. Il faut aussi regarder la facilité de gestion au quotidien, le coût de la conformité et la possibilité de faire évoluer la structure avec le temps. Un projet amené à recruter, lever des fonds ou être revendu ne se prépare pas de la même façon qu’un side project destiné à générer un complément de revenu.

Création et formalités : qui est le plus simple à lancer ?

Sur le terrain des démarches, l’auto-entreprise gagne haut la main. Une inscription en ligne via le guichet unique, quelques pièces justificatives, et vous recevez votre SIREN. Pas de capital social à déposer, pas de statuts à rédiger, pas d’annonce légale à publier. L’ouverture de l’activité est rapide, peu coûteuse, et permet de facturer très vite.

La SASU, à l’inverse, implique un processus plus structuré : rédaction de statuts, dépôt du capital sur un compte bancaire professionnel, publication d’une annonce légale, déclaration des bénéficiaires effectifs, immatriculation au registre compétent. Chaque étape génère des coûts (frais administratifs, annonce légale, éventuellement honoraires d’avocat ou d’expert-comptable).

Pour une vision d’ensemble des démarches de création, des ressources comme ce guide sur les démarches de création d’entreprise ou encore ce focus sur l’ouverture d’entreprise permettent de lister précisément les étapes, documents et budgets à prévoir. Là encore, tout est question de projet : inutile de sur-structurer si votre objectif est simplement de tester une idée à petite échelle.

Obligations comptables et administratives au quotidien

En micro-entreprise, les obligations comptables sont volontairement allégées. Le suivi porte principalement sur les encaissements (et, pour certains, les achats). Il n’est pas obligatoire de faire appel à un expert-comptable, même si un minimum de rigueur reste indispensable pour piloter son activité intelligemment.

En SASU, on bascule dans la logique d’une société classique : tenue d’un livre-journal, d’un grand livre, établissement de comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexes) et dépôt au greffe. L’intervention d’un expert-comptable n’est pas une obligation légale, mais devient de fait quasi indispensable pour garantir la conformité et gagner du temps. Cette sophistication est le prix de la structure : une société mieux perçue des partenaires, mais plus lourde à gérer.

Évolutivité : embauche, investisseurs, changement de statut

La capacité à grandir est un critère clé. Il est possible d’embaucher en micro-entreprise, mais le plafonnement du chiffre d’affaires et la non-déductibilité des frais rendent rapidement l’exercice délicat. Verser un salaire, payer des charges, se rémunérer soi-même et rester sous 77 700 € de CA annuel en prestation de service relève souvent du casse-tête.

En SASU, l’embauche est structurellement prévue : contrat de travail, fiches de paie, charges, tout est aligné avec le régime général. La société peut aussi faire entrer de nouveaux associés et devenir une SAS, ouvrant la voie à des levées de fonds ou à un partage de capital avec des partenaires clés. C’est une vraie porte ouverte vers la croissance structurée et la valorisation future du business.

Concernant les transitions, il est possible de passer de la micro-entreprise à la SASU : création de la société, transfert du fonds de commerce ou artisanal, puis cessation de la micro. L’inverse, en revanche, n’est pas direct : pour passer de SASU à micro, il faut dissoudre et liquider la société avant de créer une nouvelle activité en auto-entrepreneur.

Pour ceux qui visent une croissance B2B, un développement géographique ou sectoriel, il est utile de penser dès maintenant aux stratégies de développement commercial. Un contenu dédié comme ce guide sur le développement commercial B2B montre comment la structure juridique n’est qu’une brique d’un ensemble plus large : acquisition clients, fidélisation, montée en gamme, partenariats.

Dernier point à intégrer dans votre équation : les aides à la création d’entreprise (exonérations partielles de charges, accompagnements, subventions) qui peuvent être conditionnées au statut choisi. Un tour d’horizon comme celui proposé dans ce guide sur les aides à la création en 2026 vous aidera à ne pas laisser d’argent sur la table au moment du lancement.

En résumé, pensez votre statut comme une plateforme d’évolution : facile à gérer si votre projet est modeste, robuste si vous visez loin. Le but n’est pas de choisir le cadre le plus “brillant”, mais celui qui soutiendra vos décisions des trois à cinq prochaines années.

Quel statut choisir pour tester une idée avec peu de risques ?

Pour tester une idée avec un investissement limité, une activité en solo et peu de frais, le régime d’auto-entrepreneur est le plus adapté. Les formalités sont rapides, les charges sociales sont proportionnelles au chiffre d’affaires et la comptabilité est simplifiée. En revanche, les plafonds de chiffre d’affaires et l’impossibilité de déduire vos frais réels peuvent devenir un frein si le projet décolle ou nécessite du stock, de la publicité ou des sous-traitants.

Ă€ partir de quel moment passer de micro-entreprise Ă  SASU devient pertinent ?

Le basculement vers une SASU devient pertinent lorsque vous approchez régulièrement des plafonds de chiffre d’affaires, que vos charges réelles sont élevées par rapport à l’abattement forfaitaire, que vous envisagez d’embaucher ou de faire entrer des associés, ou encore si vous souhaitez préparer une revente à moyen terme. Dans ces cas, la déduction des charges, la séparation claire des patrimoines et la crédibilité d’une société prennent le dessus sur la simplicité de la micro-entreprise.

Les deux statuts permettent-ils de cumuler avec un salaire ou le chĂ´mage ?

Oui. Auto-entreprise et SASU peuvent être créées en parallèle d’un emploi salarié ou d’indemnités chômage, sous réserve de respecter les règles de votre contrat de travail (clause d’exclusivité, de non-concurrence) et celles de Pôle emploi pour le cumul emploi–chômage. Dans les deux cas, vos revenus d’activité indépendante s’ajoutent à vos autres revenus et doivent être déclarés fiscalement. Ni la micro-entreprise ni la SASU ne vous ouvrent de droits au chômage en cas d’arrêt d’activité.

Quel statut protège le mieux le patrimoine personnel ?

La SASU offre une protection structurée grâce à la personnalité morale de la société : sauf faute de gestion, la responsabilité de l’associé est limitée à ses apports. L’auto-entrepreneur bénéficie aussi depuis la réforme de l’entreprise individuelle d’une séparation entre patrimoine professionnel et personnel, ce qui protège la résidence principale et certains biens privés. En pratique, dès que les enjeux financiers deviennent importants (emprunts, gros investissements, bail commercial lourd), la SASU reste plus rassurante et mieux adaptée pour négocier avec des partenaires.

Faut-il prendre un expert-comptable pour une micro-entreprise ou une SASU ?

En micro-entreprise, l’expert-comptable n’est pas indispensable si votre activité reste simple et que vous êtes rigoureux dans votre suivi. Un accompagnement ponctuel peut toutefois sécuriser certaines décisions fiscales ou sociales. En SASU, une comptabilité complète et le dépôt de comptes annuels rendent l’intervention d’un expert-comptable fortement recommandée, voire quasi incontournable, surtout dès que le volume d’opérations augmente ou que vous embauchez.

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